Le forum des étudiants de l'IFU

Critique du Val d'Europe?

Aller en bas

Critique du Val d'Europe?

Message par Matthias le Lun 20 Fév - 22:31

Voici un article de Hacène Belmessous, paru dans "La République des idées", en mars 2005.

http://www.repid.com/article.php3?id_article=339

J'ai vraiment trouvé cet article... désolant! J'ai l'impression que l'auteur part avec déjà un à priori mauvais sur Disney, et ainsi il n'arrête pas de descendre tout au long du texte une "société américaine" avide d'aseptiser et d'abrutir la foule...

Premièrement, Eurodisney est une société française, dont le siège social est en France, et dont The Walt Disney Company ne possède que 39% des parts. Ces parts étaient d'ailleurs destinées à être largement réduites, passant à 18%, mais devant l'état de santé de Eurodisney, la maison mère est restée. Alors pour moi déjà le terme constamment utilisé de "société américaine" est faux.

J'ai ensuite l'impression constante que l'auteur (représentant d'autres urbanistes, sûrement) ne puisse accepter le fait qu'une ville a été pensée par le privé. N'y aurait-il pas une forme de jalousie la dedans?? On va reprocher aux clients du centre commercial du Val d'Europe de se sentir bien? Je vais souvent faire mes courses au Val d'Europe... et je me sens bien! C'est propre, c'est large, c'est lumineux, c'est chaleureux. La ville de tous les jours doit-elle forcément être dégueulasse?

Je connais plusieurs personnes habitant le Val d'Europe, et elles s'en trouvent vraiment très heureuses. Parce que Val d'Europe n'est pas, comme l'indique l'auteur de l'article, une ville uniformisée et monotone. Il y a une cohérence architecturale, mais les bâtiments ne se ressemblent pas. Est-ce mal de faire une ville à l'échelle humaine? moi je ne trouve pas.

Que recherche-t-on dans la ville? le bonheur des habitants? ou alors l'idéologie des urbanistes? parce que j'ai plutot l'impression que c'est le second cas qui fait figure ici... Il serait bon de faire des enquêtes auprès des habitants, à savoir comment ils se sont appropriés cette ville, mais le peu que je connais et qui y habite y sont très heureux. Et vous savez quoi? et ben moi aussi j'aimerais bien y habiter!

J'attends vos réactions sur cet article... Je vais en faire une relecture pour sortir les passages qui m'ont hérissés les poils dans le dos et vous les soumettre! Smile

PS: C'est pas "Airlington", mais "Arlington" qui développe le parc d'activités.

_________________
http://ptitmath.canalblog.com
avatar
Matthias
Admin

Nombre de messages : 131
Age : 35
Date d'inscription : 08/11/2005

Voir le profil de l'utilisateur http://ptitmath.canalblog.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Critique du Val d'Europe?

Message par Clm le Ven 3 Mar - 14:09

Salut,

Il ne faut pas forcément voir un anti-américanisme primaire dans les propos de Hacène Belmessous. Ce serait faire un racourci trop rapide.
Il ne faut pas non plus croire, que "Eurodisney" est une véritable entreprise française indépendante. L'origine des capitaux ou même des employés ne déterminent en rien l'identité et les motivations de l'entreprise. Eurodisney reste un produit Disney qui reçoit des directives depuis les USA.
Si je me souviens bien, le projet initial de Val d'Europe, particulièrement autout du centre commercial, prévoyait une architecture innovante et non du pastiche carton pâte destiné à créer une continuité avec Mickeyland. C'est Disney qui a fait pression pour changer l'identité visuelle du site, afin de la fondre avec le parc. Cet aspect, selon les convictions de chacun, peut être soit regrettable, soit agréable.
Visuellement, les imitations toscane d'un côté du centre, haussmanienne toute propre de l'autre côté peuvent plaire... C'est une affaire de goût et je me vois mal retirer quelconque principe d'intérêt général là dedans.

Biensur que tu te sens bien dans un Centre Commercial, c'est le but! L'ambiance (cf. Alain Bourdin) est la base de la réussite du centre. Ce qui est regrettable à mon goût. C'est qu'une partie de Val d'Europe n'est qu'un support à l'expression visuelle de Disney, par son architecture particulièrement. Les intérêts d'une entreprise commerciale de loisirs et divertissements ne sont pas là pour être en adéquation avec les soucis de la région (logement en nombre, accessiblité financière etc.) et s'ils le sont c'est qu'un but commun existe. Mais ne demande pas à Disney de faire preuve d'éthique ou de solidarité, ça ne fait pas gagner d'argent.

Plus en détail. Val d'Europe est un espace construit autour de son centre commercial, un espace d'incitation à la consommation. Cette chose là m'énerve au plus haut point. Un objet privé, aux intérêts propres et financiers avant tout, ne peut être un élément déterminant du bonheur de ses habitants, ou du moins de leur bien être.
Le débat qui s'amorce, est, malheureusement et rapidement idéologique. La coopération public privé, j'adhère à 100%, c'est source d'argent et de compétences nouvelles. Mais n'oublie pas que le privé n'agit pas dans la logique publique, à savoir, officiellement, dans l'intérêt général. Bon ça reste à démontrer dans les faits...
Le privé défend son pactole et ses ambitions, l'espace urbain est un support intéressant pour faire du fric, d'autant plus si ce dernier peut être aménagé d'une manière telle qu'il incite l'habitant à consommer où le privé veut. Ce projet ouvre sur de larges questions politiques, sociologiques et philosophiques; un espace de libertés de circuler, de consommer, de se déplacer etc.

Bon voilà, pour le roman, mais les logiques de constitution de cet espace s'avèrent être bien plus complexes que le simple bonheur de ses habitants.

Clm.
avatar
Clm

Nombre de messages : 16
Age : 33
Localisation : Paris
Date d'inscription : 29/12/2005

Voir le profil de l'utilisateur http://marquiscl.hostarea.org/

Revenir en haut Aller en bas

Re: Critique du Val d'Europe?

Message par Invité le Ven 7 Avr - 13:57

Bonjour,
Val d'Europe n'est pas un espace construit autour d'un centre commercial.
Val d'Europe est le nom d'une ville nouvelle regroupant 5 communes autour d'un pole d'entreprises, principalement liées aux services et aux loisirs.

http://membres.multimania.fr/valdeuropeen/

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Critique du Val d'Europe?

Message par barthele le Sam 8 Avr - 12:50

bonjour,

je ne suis pas étudiant à l'IFU, et pas du tout urbaniste, mais comme ce mystérieux "invité" (même si je crois que je t'ai démasqué), je me permets d'intervenir ici en tant que "valeuropéen". Mon message va être très long, je m'en excuse, mais comme l'a dit Clm, ce projet soulève tellement de questions ....

Comme l'a dit l'invité, on oublie trop souvent (sans doute parce que ça satisfait des a priori sur un développeur doublement coupable de par son statut privé et sa nationalité américaine) que seul le quartier central de Val d'Europe est organisé autour du centre commercial.

Pourtant, un des principaux aspects de l'urbanisation de VdE est son schéma polycentrique (par opposition, par exemple, au schéma développé à Bussy-Saint-Georges). VdE c'est une ville de cinq villages, et cette particularité importante est renforcée par l'aménagement au lieu d'être effacée : en greffant directement les extensions sur les bourgs, en limitant l'étendue de ces extensions, en qualifiant les passages d'un bourg à l'autre, et surtout en faisant en sorte que chaque "quartier" ou "village" comporte sa centralité de proximité regroupant commerces en pied d'immeuble, équipements culturels, pédagogiques et politiques, etc. La vie quotidienne peut parfaitement se dérouler au sein de chacun de ces villages-quartiers.

Le quartier central est le lieu où on se rend de façon plus exceptionnelle, celui qui exerce un pouvoir d'attraction bien au-delà des frontières de la ville, et concentre en cela les grands équipements et le grand commerce. Et il faut savoir que la décision d'y implanter le CC émane de l'Etablissement Public d'Aménagement et non d'Euro Disney qui préférait une implantation périphérique, quelque part entre le boulevard circulaire et l'A4 ...

Et je pense que cette décision de l'EPA tient d'abord à des contraintes opérationnelles ... car ce que les gens semblent aussi souvent oublier, c'est ce qu'il y a SOUS le CC ...

Le centre urbain a été implanté là où on pouvait mettre une gare RER, puisqu'à Marne-la-Vallée c'est ce qui permet de construire du logement qui ne soit ni exclusivement pavillonnaire, ni exclusivement social. Le tracé de la voie RER avait été prédéterminé par l'Etat non pas en fonction d'un schéma d'urbanisme, mais en empruntant le chemin le plus court entre A et B ... Il y avait de grandes disponibilités foncières à l'Ouest des voies RER, mais elles sont situées sur le territoire de la commune de Chessy, et le pouvoir municipal ne voulait pas y accueillir un grand nombre de logements à distance du bourg. A l'Est des voies RER, la commune de Serris n'était pas opposée au développement d'un grand nombre de logements collectifs et d'un centre nouveau. Il fallait donc organiser le développement du centre urbain à cet endroit, c'est à dire là où les terrains sont également traversés par la tranchée du TGV ...

Or, on n'est pas à Paris-Rive-Gauche, et les valeurs immobilières du secteur, qui conditionnent le prix des charges foncières, et donc les sommes disponibles pour l'aménagement des terrains, ne sont pas assez élevées pour financer la couverture des voies TGV (au moment de la conception du centre urbain, pour les logements, on était à 1500€/m2, ça couvre juste le prix d'un coût foncier minimal, d'une construction très basique et la marge du promoteur).

L'EPA et Disney se retrouvaient donc avec un centre urbain à aménager sur des terrains traversés par une bande d'exposition au bruit d'environ 500 mètres de large sur laquelle on ne peut pas construire de logements, et évidemment pas construire de bureaux … Si on ne peut construire ni logements ni bureaux, qu’est-ce qu’il reste ?

Le centre commercial était la seule possibilité de développement qui pouvait à la fois s'implanter sur cette zone d'exposition au bruit, financer une couverture partielle du TGV, et relier les différentes parties du centre urbain qui sont situées de part et d'autre, même si cette liaison est marchande et donc imparfaite.

Alors bien sûr que tout le monde, moi le premier en tant que valeuropéen, aurait préféré avoir un tissu de vraies rues et places multi-fonctionnelles de statut public au cœur du centre-ville. Malheureusement c’était tout simplement impossible à tout point de vue au moment du lancement du centre urbain.

Par contre, à défaut d'avoir été réalisé dès le départ, tout est en place pour permettre un redéveloppement plus urbain du CC : à la fois le statut juridique du terrain (resté propriété d'Euro Disney via un bail emphythéotique et soumis à une déclaration d'intention d'aliéner par les communes), sa conception interne (avec des circulations piétonnes et automobiles en cohérence avec la trame urbaine, et pas d'empilement vertical de propriétés distinctes), et le traitement de ses franges (avec des amorces de rues qui pénètrent dans l'emprise du CC, des façades urbaines côté ville) autorisent cette option dans le futur ... tandis qu’à Noisy-Mont d’Est, ou dans de nombreuses autres centralités de Villes Nouvelles ou autres opérations d'aménagement conduites par l'Etat, et conçues elles aussi autour d’un CC dans les années 1970, ce redéveloppement est tout simplement impossible. Même dans des opérations récentes comme Euralille, je me demande bien comment ils comptent s'y prendre le jour où il sera nécessaire de redévelopper leur centre commercial (mais bizarrement, quand des architectes fashion sont impliqués, personne ne pose la question).
Et pour peu que ce soit une option prévue dès le depart, là encore, un centre commercial est sans doute la grande installation le plus facile et rapide à redéveloper, surtout dans le contexte d'une ville nouvelle (les centres commerciaux du secteur II de MLV et de Saint-Quentin-en-Yvelines ont été partiellement redéveloppés seulement 10 à 15 ans après leur construction, avec des destructions-reconstructions significatives).

Enfin, je pense qu'on ne peut pas non plus négliger le fait que c'est en partie grâce au niveau de services apporté dès le premier jour par la proximité immédiate du CC qu'on peut y développer facilement du logement collectif assez dense à 35km de Paris. Sur le quartier central, on arrive à des densités de 70 à 90 logements à l'hectare (+les équipements publics, bureaux, hôtels), ce qui est plus qu'honorable pour un quartier créé ex-nihilo au milieu des champs (apparemment, le couple CC+RER crée même un effet de centralité suffisamment fort pour rendre une maison de ville R+2 avec 40m2 de jardin aussi désirable qu'une maison individuelle de surface équivalente en R+1 avec 400m2 de jardin, mais plus excentrée). Je doute fortement que cette densité eut été possible sans le CC (qui veut habiter un appartement à proximité de rien ?).



Sinon, pour rebondir plus en détail sur le message de Clm ...

Euro Disney est effectivement une entreprise sous le contrôle de The Walt Disney Company: même si celle-ci ne détient que 39% du capital, la structure juridique d'Euro Disney fait que WDC en a le contrôle indéfini. Par contre, l'équipe disneyenne qui conduit le développement de VdE est française, ou en tous cas européenne, elle a ses bureaux sur la place principale du centre-ville, ce qui veut dire que les concepteurs fréquentent tous les jours leur projet, ce qui n'est pas négligeable (je connais peu de projets urbains qui peuvent en dire autant), et il existe apparemment entre cette équipe française et la maison mère des divergences de point de vue, et les décisions ne seraient pas toujours prises au détriment de l'équipe française.

Sur le "pastiche carton pâte destiné à créer une continuité avec Mickeyland" .... A ma connaissance, le PIG a toujours prévu une "cohérence visuelle", tant du point de vue architectural que paysager, au sein de l'emprise Euro Disneyland et du secteur 4. Peut-être Clm voulait-il/elle parler des projets antérieurs à 1987, mais ces projets étaient de toute façon enterrés. Par ailleurs, depuis la fin des années 1980, EPAMarne/EPAFrance semble surtout chercher à développer des formes architecturales qui séduisent les classes moyennes et les cadres avec l'idée qu'on ne peut pas attirer d'entreprises s'il n'y a pas un cadre de vie séduisant pour les employés, ce qui s'est traduit par la fin des innovations architecturales visibles dès le secteur III (EPAMarne a même commandé une étude urbaine à Rob Krier pour le secteur III dès 1985), donc avant l'activation des développements sur le secteur IV.

Plus généralement, je pense que limiter cette orientation architecturale à un simple désir de continuité visuelle et à une histoire de goût, et donc évacuer les apports possibles de cette architecture sur le plan urbain et de l'intérêt général, est une erreur. Car je pense qu'elle apporte des réponses possibles à de nombreuses questions d'intérêt général, comme la diversité sociale, la recherche d'une plus grande densité de construction, ou d'un plus grande diversité des fonctions.


A Marne-la-Vallée, la question de la diversité sociale, dont je pense tout le monde s'accordera à dire que c'est une question d'intérêt général, s'est posée à l'envers. Les secteurs I et II ont laissé toute leur place à l'innovation architecturale visible, avec des concours à foison et des parutions dithyrambiques dans la presse spécialisée, mais n'ont pas permis le développement d'un marché du logement privé significatif, et ces villes en subissent aujourd'hui les conséquences, sans doute encore pour plusieurs décennies. Il est inutile à l'heure actuelle de demander à un promoteur de construire du logement privé au Luzard ou au Pavé Neuf pour espérer y créer de la diversité sociale.

A l'inverse, le style néo se vend très bien sur le marché privé, ce que l'EPAMarne a compris dès le secteur III, et une fois qu'on a du logement privé, il est très aisé de créer de la diversité sociale en y incluant une bonne part de logements aidés, pour peu qu'ils revêtent les mêmes habits.

Et je pense bien qu'une force de l'architecture néo, qu'on n'évoque jamais, c'est qu'elle rend naturelle aux yeux des gens la cohabitation de divers types de logements. Or, toujours dans le sens de l'intérêt général, si on veut créer de la vraie diversité sociale, au-delà de la simple dichotomie logement aidé/logement privé, le mélange de gammes de logements très différentes à une petite échelle est cruciale.

Du point de vue strictement formel de ce mélange, je pense que tout le monde ici sait qu'il existe un problème pour faire la couture entre les logements individuels et collectifs. Les VN franciliennes (surtout pour leurs parties développées dans les années 1980) sont d'ailleurs remplies de ruptures idiotes, entre des maisons de lotissement typique et des immeubles d'architectes, qui hurlent "je suis un collage de produits immobiliers" (on en voit de spectaculaires depuis le RER A à MLV) et évoquent plus le morcellement par catégories sociales que l'idée de communauté urbaine. Certes, on peut bien lancer des concours sur le logement de type intermédiaire afin que de créatifs architectes inventent des solutions savantes, les EPAVN l'ont fait dans les années 1980 mais n'ont apparemment pas jugé bon de prolonger ces expériences puisque le logement de type intermédiaire a disparu des VN. De l'autre côté, on peut aussi constater que les formes architecturales anciennes permettaient ce mélange de façon très naturelle et chercher à reproduire cela.

Sur le plan de l'acceptation sociale de la diversité, quand on vend le scénario d'un village, ça tombe sous le sens de voir s'y cotoyer des petites maisons de ville, des grosses villas de notable, et des petits immeubles d'appartements, à proximité immédiate, comme cela se fait dans les programmes en cours de commercialisation au sein de l'emprise Disney. Sans l'appui des récits de l'architecture "néo", c'est tout de suite bcp plus difficile de faire accepter cette proximité de la différence, tant aux promoteurs (qui n'aiment pas avoir à vendre des logements de statut différent au sein d'un même programme, car c'est + compliqué d'un point de vue marketing) qu'aux acheteurs.

Sur la quête d'une plus grande densité de construction, là aussi je pense que l'architecture néo indique des pistes de réponses.
Habituellement le Graal de la maison individuelle, c'est la maison posée au milieu de sa parcelle, à bonne distance de la rue et des mitoyens. Mais quand on propose une maison "de village", ca parait tout à fait naturel qu'elle soit mitoyenne sur un ou deux côtés et implantée au droit de la rue ... j'ai l'impression que la "valeur" apportée par l'architecture néo contrebalance aux yeux des gens la plus grande promiscuité. Ca se retranscrit directement en économie de terrain. A l'inverse, on peut noter que le pendant "contemporain" de Val d'Europe, à Montévrain, semble devoir contrebalancer son architecture néo-moderne par une densité de construction moindre ...
Et au delà de la densité bâtie directement quantifiable, je pense aussi que les styles architecturaux socialement valorisés qui ont été choisis persuadent certaines personnes d'acheter un appartement et non une maison individuelle; historiquement à MLV, et encore plus en troisième couronne, les appartements étaient achetés par ceux qui n'avaient pas les moyens d'acheter une maison, mais les grilles de prix des promoteurs à VdE indiquent que de nombeuses personnes qui pourraient financièrement accéder à une maison individuelle sur le secteur choisissent d'acheter un appartement ...

Sur la capacité de l'architecture néo à faire se cotoyer sans trop de heurts différentes fonctions : ça c'est un autre aspect du New Urbanism qu'on oublie souvent (car le NU ne se limite pas au réemploi de formes pittoresques), le "form-based coding", qui repose sur la conviction que l'apparence (style+morphologie) des bâtiments et la forme des espaces publics est plus importante que les fonctions que les bâtiments abritent, et que donc en programmant ces formes plutôt que des fonctions, on peut arriver à faire se cotoyer facilement des fonctions différentes au sein d'un espace urbain cohérent, tant sur le plan technique que de l'acceptation sociale. Ainsi sur une des avenues principales du quartier central de VdE, ils sont en train de parvenir à faire se cotoyer dans la même rue un Castorama, une université, de grandes surfaces de bureaux, un foyer jeunes travailleurs, un hôtel et du logement social et privé presque sans heurts (et tout en faisant en sorte que le fonction de chacun de ces bâtiments soit clairement lisible, il ne s'agit pas non plus de tout camoufler au même niveau).
Dans la même veine, je crois qu'on peut admettre que les compositions urbaines "néo" ont une bonne capacité à faire disparaître les limites entre les différents "programmes immobiliers" ou "projets d'architectes" au profit de la lisibilité de la trame des espaces publics, de la ville comme un "tout". Dans certaines VN, surtout celles fin 1970s, début 1980s, on voit surtout une juxtaposition de projets individualistes d'architectes ou de promoteurs qui font qu'on a beaucoup de mal à lire la trame de la ville, qu'on voit une juxtaposition de bâtiments plutôt qu'un quartier urbain. A l'inverse dans le système "néo", je trouve que c'est l'entité des espaces publics qu'on lit en premier.



Bon voilà ... désolé de vous avoir saoulé ...

Barthélémy

barthele
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Critique du Val d'Europe?

Message par Invité le Sam 8 Avr - 12:58

Enfin, concernant le texte de Hacène Belmessous ...

Je pense que des extraits comme "les trottoirs sont étroits et se dérobent aux flâneries", "le choix de rendre la rue inhospitalière au piéton est net", "les bancs publics et les jeux d'enfants sont proscrits", "la végétation ne tient compte ni de la géographie des lieux ni du climat", que ce sont "des lieux qui valorisent le repli sur soi" ou que l'architecture de VdE est "austère" (??!?), feront hurler de rire n'importe quelle personne qui a pratiqué un minimum les lieux ...

Parce que quand on voit en détail les efforts déployés pour rendre la rue attractive au piéton (ne serait-ce que sur le traitement des RDC sur rue ou la création de "séquences de rue" suffisamment brèves pour ne pas lasser le piéton), pour mélanger diverses gammes de logements, adapter la végétation créée en fonction de l'identité de chaque quartier, et créer des espaces publics qui soient des lieux de vie au lieu d'être des espaces de desserte (ne serait-ce que le travail effectué sur l'implantation des bancs publics et des terrasses de café), on ne peut que se dire que ce monsieur est ostensiblement venu à VdE avec des idées préconçues qu'il n'a pas souhaité mettre à l'épreuve de la réalité.


Bon voilà ... désolé de vous avoir saoulé, mais au moins ca vous fera un point de vue détaillé d'habitant Wink

Barthelemy

Invité
Invité


Revenir en haut Aller en bas

Re: Critique du Val d'Europe?

Message par Matthias le Sam 8 Avr - 18:51

Au contraire Bathelemy!!! tu ne nous soule pas du tout!! et c'est même hyper intéressant de lire ce que tu écris. Tu ne te dis pas urbanistes, mais bon tu en connais quand même un rayon. Tellement d'ailleurs que je n'ai pas toujours tout compris...

pourrais tu s'il te plait reprendre pour le redéveloppement du centre commercial?
j'ai pas très bien compris ce que tu voulais dire... tu insinuerais que le centre commercial pourrait un jour... disparaître? ça me paraitrait bizarre, et je ne pense pas que tu aies voulu dire ça..

Alors what is it?

en tous merci d'apporter ta pierre! Wink

_________________
http://ptitmath.canalblog.com
avatar
Matthias
Admin

Nombre de messages : 131
Age : 35
Date d'inscription : 08/11/2005

Voir le profil de l'utilisateur http://ptitmath.canalblog.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Critique du Val d'Europe?

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum